Fuyō Dōkai

芙蓉道楷
Furong Daokai · 1043–1118
School
Chan Caodong (Sōtō Zen)
Master
Tōshi Gisei (投子義青)
Disciples
Tanka Shijun (丹霞子淳), Kakua (覺阿), et 91 autres disciples ordonnés
Function
46epatriarche du Sōtō Zen · Abbé des monastères Zhaoti, Chongning Baoshou, et Huayan Chan
Œuvre principale
Entretiens et sermons conservés dans leXudeng Luet leChanlin sengbao zhuan

Presentation

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Biography

Fuyō Dōkai (Furong Daokai en chinois, signifiant littéralement « Modèle de la Voie de la Fleur de Lotus ») naît en 1043 à Yizhou, l'actuelle ville de Linyi dans le sud de la province du Shandong, sous la dynastie des Song du Nord.

Dans sa jeunesse, Dōkai pratique les arts taoïstes, notamment le jeûne et la diététique, dans le but d'atteindre l'immortalité. Il abandonne ces pratiques après avoir rencontré un maître Chan au temple Shutai, près de l'ancienne capitale Chang'an. Il y passe l'examen scripturaire pour entrer dans le clergé et devient moine Buddhist.

Il se rend ensuite auprès deTōshi Gisei (45epatriarche), dont il devient l'héritier du dharma, comme le relate le célèbre dialogue de l'éveil. En 1080, il devient abbé du temple Zhaoti et du monastère Chongning Baoshou Zen sur le mont Dayang, où il « propage la voie de l'école Caodong, avec des disciples aussi nombreux que les nuages ».

La réputation de Dōkai parvient jusqu'à l'empereurHuizong(徽宗) qui, en 1104, le convoque à la capitale Kaifeng et lui ordonne de devenir abbé du temple Shifang Jingyin, puis du temple Tianning Wanshou — un temple « Chongning » destiné à prier pour la longévité de l'empereur. Huizong lui offre la robe pourpre honorifique et le titre de « Master Zen de l'Illumination Samadhi » (定照禪師).

Dōkai refuse la robe pourpre par intégrité — il n'avait pas choisi ces postes et ne souhaitait pas accepter les honneurs impériaux dans ces conditions. L'empereur, outré par ce refus, l'exile à Zizhou (près de l'actuelle Jinan). Selon la biographie de Juefan Huihong, la population en deuil pleura son départ de la capitale. L'année suivante cependant, Dōkai envoie un poème à un dignitaire proche de l'empereur, Wang Songnian, expliquant sa position. L'empereur, touché, lève sa punition.

Dōkai souhaite alors se rendre au Zhejiang pour enseigner, mais il retrouve son père âgé et décide de rester dans sa région natale. Un haut fonctionnaire, Liu Fengshi, finance la construction d'un petit monastère pour Dōkai sur les rives du lac Furong (芙蓉, « Lotus »). En 1117, l'empereur, complètement réconcilié, accorde une plaque officielle au monastère sous le nom deHuayan Chan Monastery.

Dōkai s'éteint paisiblement le 14ejour du 5emois lunaire de l'année 1118, à l'âge de 75 ans. Avant de mourir, il compose son poème de mort :

J'ai soixante-seize ans,
Mon existence causale est maintenant achevée.
Vivant, je ne favorisais pas le ciel,
Mort, je ne crains pas l'enfer.
Mes mains et mon corps s'étendent au-delà des trois mondes.
Qu'est-ce qui m'empêche d'errer à ma guise ?

— Poème de mort de Fuyō Dōkai, 14ejour du 5emois, 1118

Selon son inscription funéraire de 1127, Dōkai ordonna 93 étudiants au cours de sa vie, dont beaucoup devinrent des maîtres éminents.

L'Éveil auprès de Tōshi Gisei

Le dialogue de l'éveil entre Dōkai et son maître Tōshi Gisei est l'un des plus célèbres de la période Song :

Fuyō demanda : « Les paroles des bouddhas et des patriarches parlent de choses quotidiennes comme boire du thé ou manger du riz. En dehors de cela, l'enseignement a-t-il quelque chose de spécial pour les hommes ou non ? »

Tōshi dit : « Tu profères l'édit de l'Empereur Cosmique. Prétends-tu être Yao, Shun, Yu et Tang ou non ? »

Fuyō voulut continuer à parler, mais Tōshi leva son chasse-mouches et le plaça sur la bouche de Fuyō, disant : « Si tu as une intention, tu mérites déjà trente coups de bâton ! »

Fuyō connut alors l'éveil.

— Dialogue entre Tōshi Gisei et Fuyō Dōkai, Zen's Chinese Heritage

Un autre dialogue, tout aussi significatif, montre la profonde confiance entre le maître vieillissant et son disciple :

Un jour, Tōshi et Fuyō se promenaient dans le potager. Tōshi s'approcha de Fuyō et lui tendit son bâton. Fuyō le prit, puis marcha derrière Tōshi.

Tōshi dit : « Est-ce conforme au principe ? »

Fuyō dit : « Porter les chaussures ou le bâton du maître, cela ne peut être autrement. »

Tōshi dit : « Il y en a un qui marche avec moi. »

Fuyō dit : « Qui n'apprend pas de vous ? »

— Zen's Chinese Heritage

Enseignements principaux

Le retour à la pureté de la pratique

Dōkai vécut à une époque où le Chan était souvent dénaturé par des pratiques superficielles — ce qu'il appelait le « zen aux cinq saveurs », un mélange de taoïsme, d'ésotérisme et de mimétisme des anciens maîtres. Il s'éleva fermement contre cette tendance :

« Pourquoi frappez-vous vos cliquettes ? Pourquoi secouez-vous votre sceptre ? Pourquoi hurlez-vous vers l'est et frappez-vous vers l'ouest ? Vous vous comportez comme un épileptique ! Pourquoi criez-vous sur les moines et les battez-vous ? En les maltraitant, vous ridiculisez aussi les patriarches des temps anciens. »
— Fuyō Dōkai, dénonçant les pratiques dégénérées de son époque

Il exhortait ses moines à se consacrer uniquement à zazen et à la pratique régulière (gyōji), à vivre simplement et à ne pas rechercher le profit ou la réputation.

« Ne pas obscurcir la vie »

« N'obscurcissez pas votre vie par la recherche du succès et l'inquiétude pour votre santé ! Si nous pouvons devenir paisibles dans notre esprit, nous n'avons besoin ni du Buddha ni des patriarches. Si nous ne pratiquons pas ici et maintenant, quand pratiquerons-nous la véritable pratique ? Cette pratique en elle-même est suffisante pour le Chemin. »
— Fuyō Dōkai

L'intégrité face au pouvoir

L'épisode du refus de la robe pourpre impériale est emblématique de l'intégrité de Dōkai. Il avait promis à ses parents, avant qu'ils n'acceptent son ordination, qu'il se tiendrait toujours à l'écart des choses profitables et de la renommée. Il tint cette promesse au péril de sa vie, préférant l'exil au compromis.

L'enseignement de l'immédiateté

« Les montagnes vertes sont toujours en marche. La femme de pierre donne naissance à un fils dans la nuit. »
— Fuyō Dōkai, sermon

Legacy et postérité

Fuyō Dōkai est considéré comme legrand restaurateur de l'école Caodong. Avec son condisciple Dahong Baoen, il ramena la lignée à la proéminence après qu'elle avait frôlé l'extinction à la génération précédente. Dōgen lui-même, des siècles plus tard, parlait de Dōkai en ces termes :

« Il est la source du Sōtō Zen. La racine, l'épine dorsale, l'os et la moelle. Il possédait l'esprit de Buddha ; c'est grâce à lui que le véritable Zen est né et s'est développé. »
— Eihei Dōgen, à propos de Fuyō Dōkai

Son influence s'étend bien au-delà de sa génération :

  • Il ordonna 93 disciples, assurant la renaissance de la lignée Caodong
  • Son disciple Tanka Shijun (47epatriarche) perpétua la transmission
  • Par la lignée Tanka → Chōro Seiryō → Tendō Sōkaku → Tendō Nyojō → Dōgen, l'école Sōtō atteignit le Japon
  • Son insistance sur la pureté de la pratique et le rejet des ornements mondains préfigure l'éthique du Sōtō japonais

Dans la lignée Sōtō, il est le 46epatriarche, entre Tōshi Gisei (45e) et Tanka Shijun (47e).

Sources

  • Andy Ferguson,Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Wisdom Publications, 2011 — pp. 415-419
  • Juefan Huihong,Chanlin sengbao zhuan(1119) — Chronique du Trésor du Sangha dans les Bosquets du Chan
  • Xudeng Lu(續傳燈錄, 1101) — Continuation de la Transmission de la Lampe
  • Morten Schlütter,How Zen Became Zen, University of Hawai'i Press, 2008
  • Inscription funéraire de Fuyō Dōkai (1127)
  • Terebess Online —Fiche Furong Daokai
  • Wikipedia —Furong Daokai

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